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09/01/11

Qu'est ce que la Diaspora?


Un peu d’histoire…
Le terme « diaspora » vient du grec spiro, qui veut dire « je sème ». Il désigne habituellement les populations chassées de leur pays, qui entretiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques et politiques par-delà les frontières. Le terme de diaspora sert à désigner toutes sortes de phénomènes résultant de migrations de population dans plusieurs pays, à partir d'un foyer émetteur. Longtemps utilisé pour désigner la dispersion des juifs dans l'Antiquité, son champ d'application s'est élargi aujourd'hui, comme dans les acceptions des géographes. R.Brunet (1992) énumère trois types de causes de dissémination : « une dispersion contrainte, en l'absence de pays propre (diaspora palestinienne) ; une difficulté d'existence plus ou moins momentanée (diaspora portugaise, irlandaise) ; ou un choix d'activités et de modes de vie ». Les politologues se sont intéressés au rôle des diasporas dans les relations entre États, entre pays d'origine et pays d'accueil.
Parmi les diasporas les plus connues, on peut citer,  la diaspora juive, la diaspora irlandaise, la diaspora italienne, la diaspora arménienne, la diaspora africaine, la diaspora chinoise, la diaspora palestinienne, la diaspora libanaise (voir aussi diaspora arabe),la diaspora coréenne et même des populations culturellement migrantes d'anciens pays devenus parfois régions (par exemple la diaspora bretonne, la diaspora bohémienne, la diaspora berbère, la diaspora Corse) ou réparties sur plusieurs pays ou l'ayant fui (par exemple la diaspora russe, la diaspora cambodgienne et la diaspora québécoise (descendants des français de la Nouvelle-France). Les grandes problématiques qui touchent les diasporas concernent l'espace économique, les flux transnationaux, les structures religieuses, les comparaisons entre les différents modes d'accueil des pays récepteurs, la notion de territorialité et les grands espaces carrefours.
Des réseaux transnationaux à l’échelle mondiale…
Aujourd’hui, dans le monde, les deux plus grandes diasporas constituées par des migrations sont caractérisées par des réseaux transnationaux très puissants entre les différentes communautés : la diaspora chinoise, évaluée entre 30 et 50 millions de personnes, et la diaspora indienne, estimée à plus de 5 millions de personnes. Ces diasporas sont présentes sur plusieurs continents et s’alimentent de réseaux économiques et de transferts de fonds qui favorisent la permanente mobilité de leurs membres.

A l’échelle européenne

En Europe, deux diasporas émergent. Issues de migrations économiques, elles entretiennent des réseaux économiques, politiques, religieux et matrimoniaux à l’intérieur même de l’Union européenne. La première est la diaspora turque : évaluée à plus de 4 millions de personnes, elle est présente non seulement en Allemagne et en Autriche, où elle constitue plus de la moitié de l’immigration, mais aussi en France, dans les pays scandinaves et au Bénélux. La seconde est marocaine ; elle est présente en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique et elle représente l’une des trois premières nationalités de l’immigration dans ces pays. Les diasporas se distinguent de la notion de « couples migratoires » qui désigne les cas où une nationalité étrangère s’installe dans un seul pays d’accueil comme c’est le cas des Algériens en France (soit plus de 90 % des Algériens présents en Europe).

09/12/10

France: Les très bons comptes de l’immigration

Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français : ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites.

02.12.2010 | Juan Pedro Quiñonero | ABC, Courrier international


Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles. Le écrits du Pr Xavier Chojnicki sur immigrationUne équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rapport en 2009, au terme de trois ans d’études. Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards. 

De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros. 
UNIVERSITE Lille 2 - droit : Politique d'immigration et DIP: l'exemple de la polygamie (document pdf, 1 Mo)A ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée. Lecture : Économie politique des migrations, les écrits de Xavier ChojnickiLa comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire. 

Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère. 

Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : 
“L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.” 

Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : 
“Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.

14/10/10

Le Béninois se méfie du Béninois

La béninoiserie ou quand la jalousie est un frein culturel au développement
Médisance, croc en jambe, coup bas, sorcellerie ou même élimination physique, la béninoiserie est un véritable phénomène de société au Bénin. Forme paroxysmique de la jalousie, elle consiste à faire tout son possible pour empêcher un tiers d’évoluer. Un travers qui expliquerait notamment la discrétion et le manque de solidarité de la diaspora béninoise.
« A l’étranger : un Béninois + un Béninois = zéro. Et un Béninois + un Béninois, à l’intérieur du Bénin = -1. » C’est avec cette formule inspirée qu’un responsable béninois de la Junior Achievement, une organisation internationale d’apprentissage à l’entrepreunariat et au leadership avait symbolisé ce que beaucoup de monde au Bénin désigne sous le nom de béninoiserie. Une jalousie, endogène à la société, qui conduit à tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de ceux qui souhaitent avancer. Un phénomène, certes, partout présent en Afrique dirons certains, mais qui semble prendre une autre dimension chez les Béninois. Il expliquerait même pourquoi la diaspora nationale avancerait en rang si dispersé : chacun pour soi et Dieu pour tous.
« C’est un trait de caractère particulier au Béninois, explique Mireille, 30 ans, attachée commerciale à Cotonou. Il fait tout pour ramener la personne qui essaie de monter à son propre niveau et même plus bas, au lieu de se battre et d’économiser son énergie pour monter lui-même. Il est capable de mentir, de tuer, de jeter des sorts, bref, faire tout ce qui est humainement et inhumainement possible de faire pour arriver à ses fins. »
La béninoiserie, un terme né il y a 14 ans
« La béninoiserie est un terme qui est apparu après la conférence nationale (février 1990, ndlr) », rappelle Mireille. Une date à laquelle sursoit Sessi, journaliste à Cotonou. Et d’y aller de sa propre définition : « L’adage ‘L’union fait la force’ n’est pas de mise dans le concept de béninoiserie. C’est chacun pour soi, dans son coin et dans l’ombre. Le fait est que le Béninois veut être au centre de tout. ‘Si ce n’est pas moi, ça ne marche pas. Si c’est l’autre, c’est mauvais’ . Alors il voit en l’autre un ennemi au lieu d’une force positive sur laquelle il peut compter ».
« ‘‘Dieu demande à un Béninois : ‘Demande moi ce que tu veux mais ton voisin aura le double.’ L’homme réfléchit et se dit : ‘Si je demande 10 millions, l’autre aura 20 millions... Pas question !’ Après mures réflexions il finit par demander à Dieu de lui crever un œil.’’ Ça c’est le Béninois typique », explique Mireille qui rapporte cette blague actuellement en vogue à Cotonou.
« Ce sont des choses qui freinent le pays », estime l’artiste zouk béninois Richard Flash, qui a fait une chanson sur le sujet dans son dernier album Zê-Kémi. Il précise qu’il ne l’a pas fait pour dénoncer le phénomène, mais plutôt pour sensibiliser ses concitoyens à cet état d’esprit néfaste. Les exemples de béninoiserie sont légion, et ce à tous les échelons de la société. « Dans une administration, un chef de service éconduit par une employée qu’il courtisait peut tout simplement bloquer les ordres de mission pour l’empêcher de partir, alors qu’il sait que ce sont les indemnités de voyage qui arrondissent les fins de mois chez les fonctionnaires. Ni lui, ni personne ne partira à la place », raconte Mireille.
Sorcellerie
De la simple méchanceté, la béninoiserie peut aller jusqu’au meurtre, par empoisonnement, et aux attaques mystiques. « Au lieu de travailler pour être au même niveau que l’autre, certains vont chez un féticheur pour vous couper le souffle », explique Richard Flash. « Les attaques occultes sont monnaie courante, renchérit Sessi. On vous nuit par la sorcellerie. On peut vous enlever votre lucidité par exemple ou même tout simplement se débarrasser de vous. Et ils essayent. Le tout est après de savoir si votre force protectrice va au-delà de leur force de nuisance. »
Comment se protéger ? « Par la prière », avoue Mireille. « Et puis j’essaie de me faire la plus discrète possible pour qu’on ne pense pas à moi. D’autres vont se tourner vers les forces occultes, mais ça finit toujours par se retourner contre eux. » « Je me sais exposé, reconnaît Richard Flash, mais quand tu vas chez un féticheur, ce même féticheur est capable de t’emprisonner, de t’utiliser pour faire briller sa propre étoile. Certains estiment qu’il faut faire confiance à Dieu, mais pour cela il faut avoir une vraie foi. Pour ma part, je fais très attention. Les proches sont les plus dangereux. J’ai plutôt peur de mes amis que de mes ennemis. Car mes ennemis ne connaissent pas mes faiblesses et ne peuvent pas m’atteindre. »
Craintes de la diaspora
« Il y a trois millions de Béninois de l’extérieur. Il y en a plein qui ne reviennent pas au pays parce qu’ils ont peur de ça. Qu’on leur nuise ou qu’on veuille les mettre à terre. Ils se disent qu’ils sont à l’abri à l’étranger, et ils ont raison. Moi si j’ai l’opportunité de partir, je pars », analyse Mireille. « La solution idoine contre la béninoiserie est de vivre caché. La diaspora béninoise dispose d’un énorme potentiel économique pour développer le pays, mais personne ne le fait à cause justement de cette méfiance qu’elle entretient à l’égard des siens », poursuit Sessi.
La béninoiserie n’est pas un phénomène exclusivement national. Il s’exporte à travers la diaspora. « A l’extérieur, un Béninois en poste qui voit arriver un autre Béninois le verra comme un élément gênant qu’il faut éliminer. Il n’hésitera pas à médire de lui, à le disqualifier auprès de la hiérarchie, même si c’est un bon élément. Ici comme ailleurs, la béninoiserie entraîne la promotion des médiocres », commente Sessi, qui affirme se moquer de tout ça et être prêt à dénoncer ouvertement ce problème. « Qu’on me laisse avancer, c’est tout ! »
Aucun membre de la classe politique n’a, jusque-là, jeté un pavé dans la marre. Les initiatives d’Etat entreprises pour courtiser la diaspora et sa puissance économique n’ont absolument pas pris en compte un élément qui paraît pourtant central dans la culture du pays. Les racines de la désaffection des Béninois de l’extérieur à l’égard de leur patrie se cachent sans doute en partie dans cette béninoiserie que les décideurs semblent négliger. Rétablir la confiance entre tous les enfants du Bénin est un travail de longue haleine nécessaire pour bâtir le socle d’une nation unie et prospère. A chacun donc de balayer devant sa porte et de faire un pas vers l’autre.

Discours de Barack Obama au Ghana

Investiture de Barack Obama