Un peu d’histoire…
Le terme « diaspora » vient du grec spiro, qui veut dire « je sème ». Il désigne habituellement les populations chassées de leur pays, qui entretiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques et politiques par-delà les frontières. Le terme de diaspora sert à désigner toutes sortes de phénomènes résultant de migrations de population dans plusieurs pays, à partir d'un foyer émetteur. Longtemps utilisé pour désigner la dispersion des juifs dans l'Antiquité, son champ d'application s'est élargi aujourd'hui, comme dans les acceptions des géographes. R.Brunet (1992) énumère trois types de causes de dissémination : « une dispersion contrainte, en l'absence de pays propre (diaspora palestinienne) ; une difficulté d'existence plus ou moins momentanée (diaspora portugaise, irlandaise) ; ou un choix d'activités et de modes de vie ». Les politologues se sont intéressés au rôle des diasporas dans les relations entre États, entre pays d'origine et pays d'accueil.
Parmi les diasporas les plus connues, on peut citer, la diaspora juive, la diaspora irlandaise, la diaspora italienne, la diaspora arménienne, la diaspora africaine, la diaspora chinoise, la diaspora palestinienne, la diaspora libanaise (voir aussi diaspora arabe),la diaspora coréenne et même des populations culturellement migrantes d'anciens pays devenus parfois régions (par exemple la diaspora bretonne, la diaspora bohémienne, la diaspora berbère, la diaspora Corse) ou réparties sur plusieurs pays ou l'ayant fui (par exemple la diaspora russe, la diaspora cambodgienne et la diaspora québécoise (descendants des français de la Nouvelle-France). Les grandes problématiques qui touchent les diasporas concernent l'espace économique, les flux transnationaux, les structures religieuses, les comparaisons entre les différents modes d'accueil des pays récepteurs, la notion de territorialité et les grands espaces carrefours.
Des réseaux transnationaux à l’échelle mondiale…
Aujourd’hui, dans le monde, les deux plus grandes diasporas constituées par des migrations sont caractérisées par des réseaux transnationaux très puissants entre les différentes communautés : la diaspora chinoise, évaluée entre 30 et 50 millions de personnes, et la diaspora indienne, estimée à plus de 5 millions de personnes. Ces diasporas sont présentes sur plusieurs continents et s’alimentent de réseaux économiques et de transferts de fonds qui favorisent la permanente mobilité de leurs membres.
A l’échelle européenne
En Europe, deux diasporas émergent. Issues de migrations économiques, elles entretiennent des réseaux économiques, politiques, religieux et matrimoniaux à l’intérieur même de l’Union européenne. La première est la diaspora turque : évaluée à plus de 4 millions de personnes, elle est présente non seulement en Allemagne et en Autriche, où elle constitue plus de la moitié de l’immigration, mais aussi en France, dans les pays scandinaves et au Bénélux. La seconde est marocaine ; elle est présente en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique et elle représente l’une des trois premières nationalités de l’immigration dans ces pays. Les diasporas se distinguent de la notion de « couples migratoires » qui désigne les cas où une nationalité étrangère s’installe dans un seul pays d’accueil comme c’est le cas des Algériens en France (soit plus de 90 % des Algériens présents en Europe).



